Commentaire de la Directive - retour, alias : Directive de la HONTE.
Emigration, " directive retour "
Partir n'est pas un but, c'est une nécessité pour des milliers de personnes dans une économie dite
" globalisée ".
Vendre sa force de travail conduit les travailleurs à suivre les lieux de production, où
un emploi est possible. Ce qui est légitime. Il faut vivre ; et souvent pour l'émigré,
faire vivre les siens, qui sont restés dans des régions économiquement désertées ou surexploitées
par le capital industriel ou financier. Souvent le migrant vise les pays les plus libéralisés, où il trouve plus facilement sa place
" grâce " à la flexibilité du droit du travail...
Le Pdt Bolivien Evo Morales, en abordant la question de la " directive retour ", fait le constat que cette
" directive de la honte ", n'a pas de réciprocité dans l'histoire.
D'abord, quand les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du nord,
en masse, sans visa, ils furent toujours bienvenus. Ces pays absorbèrent alors la misère économique européenne
et ses crises politiques. Les européens sont venus, en exploiter les richesses et en faire bénéficier l'Europe...
Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive
d'espace de prospérité et de libertés publiques. L'immense majorité des migrants viennent dans l'union
européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils acceptent les emplois de travaux publics,
dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux... Ils contribuent au dynamisme démographique du continent
européen...
...les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et de manière marginale,
pour le Tiers Monde, vu qu'il perd de la main d'uvre qualifiée en laquelle, ces états, bien que pauvres,
ont investi des ressources humaines et financières.
Des droits fondamentaux sont déniés à ces migrants. La directive retour adoptée par le parlement européen
le 18 juin, permet la possibilité d'un enfermement des migrants sans papiers jusqu'à 18 mois avant leur expulsion.
Sans procès, ni justice. La directive viole les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle
des Droits de l'Homme de 1948. Mais en particulier, l'article 13 qui énonce : " Toute personne a le droit de circuler
librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays,
y compris le sien et de revenir dans son pays. "
Cette directive donne la possibilité d'emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte
leur situation familiale ou scolaire, dans des centres de rétention où peuvent survenir des dépressions,
des grèves de la faim, des suicides...
On représente souvent les migrants clandestins comme les responsables du chômage en Europe.
Le constat que l'on peut avoir au niveau chiffre du chômage en Europe :
16 140 000 chômeurs. 200 000 émigrés clandestins ; (Soit : 1,2 % des emplois possibles "
pris " par les migrants clandestins !!!)
Nous précaires, chômeurs, sommes solidaires avec les migrants sans papiers, car la situation qui leur est faite,
ressemble par certains côtés à la notre. Quand on voit paraître des annonces d'emploi de 300 euros
en Inde ou que sais-je, que l'on réduit nos droits à l'indemnisation du chômage et à la santé...
Quand on nous parle qu'il faudrait intégrer la mobilité géographique, voir " psychologique "...
on pourrait vite se retrouver dans quelques années à traverser des continents, pour trouver un emploi,
pareil à ces migrants sans papiers. L'émigration ne sera jamais une question de nationalité, mais un enjeu de classe.
C'est bien là, l'importance de l'internationalisme syndical.