Dans la mesure phare de Sarkozy de fusion Assedic-Anpe pour la création du Pôle emploi,
il y a eu l'idée de faire appel à des entreprises privées de placement pour reclasser
les demandeurs d'emploi. Le gouvernement et son patronat s'est vu offrir une opportunité qui affaiblirait
le service public et pouvait rapporter gros sous à ces boîtes privées.
Mais le bilan de ces prestataires privés s'avère être un échec coûteux et
peu efficace. Leur incompétence à traiter les placements, accentue la casse sociale, avec un
coût financier énorme.
Cette mesure a concerné finalement 320 000 chômeurs sur 2 ans et a coûté
425 millions d'euros. Soit 1300 euros par demandeur d'emploi.
Article du journal "les échos"
A ce prix on aurait supposé que les chômeurs suivis aient actuellement un travail
stable et correctement rémunéré... or, cela n'est pas le cas.
Le budget a été puisé pour faire des ateliers CV, des ateliers entretien,
des bilans de compétences, du marketing du chômeur parfait, du coaching et j'en passe
et des meilleurs. Pousser les demandeurs d'emploi à faire des EMT et des stages non rémunérés,
est aussi une pratique courante de ces prestataires.
La CGT CNPE, par expérience, avait constaté les effets négatifs de ces placeurs
privés qui se sont retrouvés le nez dans une réalité, celle du marché
du travail qui est dans un profond marasme.
Au travers les comités de liaison et des commissions paritaires, dans nos permanences syndicales,
par les interventions que nous avons eu à faire dans les pôles emploi, nous avions constaté
l'effet néfaste de prestataires privés qui engloutissaient la manne du service public. Et le résultat :
Signalements au pôle emploi, demandes de radiations abusives, pressions faciles sur un public fragilisé.
Evidemment dans la plupart des cas, la démotivation du demandeur d'emploi était raisonnée face
à des prestations médiocres, et au manque constant d'une perspective d'embauche.
Ce que nous avions critiqué et dénoncé connaissant le coût du placement d'un demandeur
d'emploi par le service privé et celui du public, sort maintenant de la bouche de Christian Charpy
(directeur national de Pôle Emploi)...
Il annonce que " Le recours aux opérateurs privés va baisser de l'ordre de deux tiers en 2011 ",
Il précise aussi que le nombre de demandeurs d'emploi pris en charge par les prestataires privés
devrait passer d'environ 200.000 cette année à " de l'ordre de 80.000 à 85.000 ".
Mais il est de bon ton de se poser la question, suite aux licenciements annoncés de 1800 agents en
CDD-CDI de Pôle emploi, comment le placement va pouvoir fonctionner efficacement. D'un coté on
supprime et à juste titre, le privé, et de l'autre coté on ampute le public.
Alors que les besoins des demandeurs d'emploi sont de plus en plus importants, au vue de l'aggravation du chômage
et de l'allongement de sa durée, les problèmes de pôle emploi s'accumulent : Traitement de dossiers,
retards, erreurs au détriment des droits à l'indemnisation, surcharge de travail pour les référents,
difficultés du suivi mensuel personnalisé, difficulté d'accès aux droits et aux recours et surtout,
manque de proposition d'emploi stable et de formation qualifiante et rémunérée.
La fusion Assedic – Anpe, aujourd'hui montre sa vraie nature qui est celle de la privatisation du service public de l'emploi.