Deux événements, médiatisés, se sont produits ce temps-ci dans les locaux
de pole emploi. Une prise d'otage, une tentative de suicide...
Face à ces actes qui témoignent d'une part du désespoir de certains privés d'emploi,
et d'autre part de la violence infligée aux agents de pole emploi par un système calamiteux,
nous, chômeurs et précaires, usagers de ce service public - du moins ce qu'il en reste - quelle position
et quelle analyse pouvons nous apporter ?
Suite à la prise en otages de salariés de pôle emploi, à Paris 11e,
nous ne pouvons qu'être solidaires des travailleurs qui se sont trouvés dans une situation,
plus que difficile. Quand le drame humain conduit à de telles actes nous ne pouvons pas les concéder.
Et évidemment nous ne partageons pas les propos tenus et envoyés par l'auteur de ce geste, à
la rédaction de RUE 89.
La situation sociale des chômeurs de ce pays, s'est énormément dégradée
en quelques années, avec la fusion et la création du pôle emploi.
Suite aux multiples dysfonctionnements, aux radiations, aux sanctions et aux exclusions qui en résultent,
il n'est pas surprenant que des hommes et femmes en arrivent à des solutions extrêmes de
colère et de violence, qui ne sont au final, que le pur produit des injustices dues au traitement
de leurs conditions.
La déshumanisation, la dématérialisation, la privatisation de ce service,
qui ne répond plus à l'urgence qu'un demandeur d'emploi peut avoir un jour, ont conduit
à ces derniers faits-divers qui nous alertent.
Aujourd'hui , un homme avec une arme factice a appelé au secours, quelques jours plus tard une
femme tente de se couper les veines...
Ces actualités ne doivent pas cacher la réalité de ceux qui parfois retournent
leur colère contre eux-mêmes en se suicidant, sans que ça fasse la UNE des journaux.
Les souffrances des demandeurs d'emplois, résultant de la casse de l'emploi stable, la pérennisation
des petits boulots mal payés, la stigmatisation continue de leur personne, le mal
logement et enfin la fatigue, sont de plus en plus aigües.
Les organismes sensés les accompagner dans leurs démarches, ne sont plus en mesure
d'apporter des réponses concrètes, à leurs situations dramatiques.
Que ça soit les Caf, les travailleurs sociaux, le pôles emploi, tous travaillent aujourd'hui
avec des petits moyens qui ne leur permettent pas d'apporter des solutions durables.
Il y a besoin de répondre à l'urgence sociale par des services publics et notamment
un service public de l'emploi, qui garantisse à chacun, le respect de ses droits, de sa
dignité, le droit de vivre et celui d'un accès à l'emploi et à un revenu.
Ces actes " extrêmes ", témoignent du drame social " extrême ".
Mais sachant que ce genre de situations peuvent se reproduire, d'un jour à
l'autre, nous appelons les pouvoirs publics, le patronat et l'Etat, à se mettre en face
de leurs responsabilités et se donner les moyens d'y répondre.