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Extrait du compte rendu du
Conseil des ministres du 11/06/08
La ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi et le secrétaire d'état chargé de l'emploi ont présenté un projet de
loi relatif aux droits et aux devoirs des demandeurs d'emploi.
Le Gouvernement a fait de la lutte contre le chômage l'une des
priorités de son action. L'objectif qu'il s'est fixé, consistant à réduire à 5 % le taux de chômage à l'horizon 2012, passe par une
progression du nombre des créations d'emploi et une amélioration du fonctionnement du marché du travail. Pour atteindre cet objectif,
il faut utiliser l'ensemble des leviers de réforme : rénovation de l'offre de service du nouvel opérateur qui sera issu de la fusion de
l'ANPE et des Assédic, conclusion d'une nouvelle convention d'assurance chômage, réforme de la formation professionnelle, mesures en
faveur de l'emploi des jeunes et des seniors.
Le projet de loi relatif aux droits et aux devoirs des demandeurs d'emploi, élaboré
après une concertation approfondie avec les partenaires sociaux, constitue l'un de ces leviers. Les droits et devoirs qu'il institue sont
fondés sur des principes clairs :
un engagement réciproque entre le service public de l'emploi et le demandeur d'emploi, avec
un équilibre entre des droits plus nombreux (simplification des démarches, accompagnement personnalisé, offre de service rénovée...) et
des devoirs renforcés ;
une approche personnalisée, le parcours de recherche d'emploi et la définition de l'offre raisonnable
d'emploi reposant sur un projet personnalisé d'accès à l'emploi élaboré conjointement par le service public de l'emploi et le demandeur
d'emploi ;
une évolution dans le temps de ce projet professionnel, pour accroître les chances du demandeur de retrouver un emploi
en cas de persistance du chômage ;
une plus grande équité, par la définition de l'offre raisonnable d'emploi sur la base de
critères objectifs.
Le demandeur d'emploi s'engagera à ne pas refuser plus de deux offres raisonnables d'emploi, définies dans
son projet professionnel à partir de critères dont certains prennent en compte la durée du chômage ;
le salaire de l'emploi
proposé doit représenter au moins 95 % du salaire antérieur après trois mois de chômage, au moins 85 % après six mois, au moins le
montant de l'allocation perçue après un an ; il ne peut être inférieur au salaire normalement pratiqué dans la région et dans la profession
et ne peut contrevenir aux règles législatives et réglementaires relatives au salaire minimum ;
d'un point de vue géographique,
après six mois de chômage, l'offre est valable si le lieu de travail est distant du domicile d'au plus 30 km ou une heure de transport en
commun. L'existence de ces deux critères alternatifs est adaptée aux différences de situation entre les demandeurs vivant en zone urbaine et
ceux domiciliés en zone rurale.
Un décret précisera que le refus de deux offres raisonnables d'emploi entraîne une radiation de deux
mois, prononcée par le nouvel opérateur issu de la fusion ANPE-Assédic, qui donne lieu elle-même à la suspension provisoire de l'allocation
perçue par le demandeur d'emploi.
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