S'organiser, une nécessité A quoi sert un syndicat de chômeurs ?
A quelqu'un qui n'a plus droit à rien, qui est viré de partout, culpabilisé par tous, à l'existence sociale précaire,
une telle organisation lui donne au moins le droit d'être égal aux autres à travers un syndicat.
S'organiser sert à gagner des droits. A l'exception des chercheurs et des intermittents,
les luttes victorieuses du mouvement social ces dix dernières années sont le fait des chômeurs. Prime de Noël, loi
de lutte contre les exclusions, recalculés rétablis dans leurs droits, plus de difficultés
pour les bailleurs à mettre les gens dehors, moins de coupures d'électricité
en période d'hiver. Fort de toutes ces victoires, un syndicat de chômeurs est une machine à
gagner des droits nouveaux, à garantir ceux qu'on a déjà et, dans certains cas, à retourner au travail.
De plus, à quelques détails près, le syndicat CGT des privés d'emploi et des associations ou comités
de chômeurs sont parvenus à créer un mouvement unitaire. Le fait que les plus démunis,
les plus isolés, les plus marginalisés, aient réussi au travers de leurs organisations à
tenir ce front unitaire depuis presque deux ans, donne une image plus que positive du mouvement des chômeurs.
Incontestablement, ce front uni a énormement pesé à tous niveaux. Seuls, les comités de
chômeurs CGT ne gagnaient pas sur les recalculés et seules, les associations ne gagnaient pas non plus.
LE CHOMAGE EST UNE MENACE POUR L'ENSEMBLE DES SALARIES.
* Il exerce une pression à la baisse sur les salaires (diminuant d'autant les cotisations sociales
qui manqueront aux branches maladie et vieillesse de la Sécu) et sert de prétexte à toujours plus d'aides
aux employeurs sous la forme d'exonérations de toutes sortes (qui vont jusqu'aux cadeaux fiscaux consentis
par l'Etat et les collectivités territoriales qui se privent de ressources indispensables à leur développement
économique et social, mettant en péril l'avenir de plus d'emplois encore). Cette pression s'explique encore par
le fait qu'un salarié qui retrouve un emploi après une période de chômage est souvent contraint d'accepter un
salaire inférieur, ce qui ne facilite pas les NAO...
* Le chômage favorise le développement des contrats précaires qui fragilisent les garanties collectives protégeant
les salariés.
( Exemple : à La Poste, l'emploi des C.I.R.M.A permet de faire travailler des personnes 20 h par semaine qui ne
coûtent que 150€ mensuels à l'entreprise... le reste est payé par la collectivité.)
* Autre conséquence négative, le chômage entraîne la dégradation des conditions de travail
(comment se défendre efficacement quand le patron nous dit que "deux millions de personnes attendent devant la porte de l'entreprise" ?).
* Et c'est la présence aux portes des entreprises de cette véritable "armée de réserve" de chômeurs dont
beaucoup sont bien formés et diplômés qui permet aux employeurs de refuser le financement de la Formation
Professionnelle qualifiante à laquelle aspirent les salariés en poste qui souhaitent évoluer dans leur vie
professionnelle.
**En luttant contre le chômage et ses conséquences, les syndiqués
CGT Privés d'Emploi et Précaires (PEP-CGT) s'inscrivent donc pleinement dans le combat
de toute la CGT en faveur des droits de tous les salariés**